Audrey POULAIN : « Il faut que l’on se démène pour faire évoluer nos propres compétences ! »

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PROUST était quelqu’un de très curieux. Tout comme Bernard PIVOT, ou encore James LIPTON, qui ne sont, finalement, que de pâles copieurs, du premier ! Affirmons-le ici, et sur le champ ! LE Questionnaire, lui, est unique… Enfin, presque… Bref ! Après avoir conquis les étudiants, lors des Jeudis de l’IGS, Audrey POULAIN, Directrice des Ressources Humaines de la DSI Groupe, au sein de la SNCF, a répondu à nos cinq questions.

Quelle est la situation la plus insolite à laquelle vous avez été confrontée, au cours de votre carrière dans les Ressources Humaines ?

À l’époque, je travaillais chez Orange. J’étais en CHSCT, à Rennes, et je rentrais. La réunion s’était bien passée et j’étais sur le quai de la gare, lorsqu’un train de marchandises est passé, sur lequel était écrit : DANGER – NUCLÉAIRE – DANGER – NUCLÉAIRE – DANGER…

Je n’y ai pas vraiment prêté attention. Le train est passé et le mien est arrivé. Dans le train, j’ai regardé mes e-mails, et alors que je n’étais même pas encore arrivée, l’une de mes organisations syndicales m’a envoyé un message, en me demandant de traiter, par anticipation, sa maladie professionnelle, en raison du train « DANGER – NUCLÉAIRE » qui venait de passer !

Cela peut faire rire, mais c’était très sérieux ! Voilà donc pour la situation insolite : une maladie professionnelle par anticipation.

Quel est le mot que vous utilisez le plus, au quotidien, dans le cadre de votre travail, et pourquoi ?

J’en ai deux. Le premier est le mot « compétence ». Le second, est « développement de compétences ». Que ce soit pour les collaborateurs, les managers, ou nous, dans la fonction RH, il faut se démener pour faire évoluer nos propres compétences.

Aujourd’hui, si on se contente de ce que l’on a appris à l’école, on est totalement décalé sur le marché du travail.

Quelle a été la première fois où vous vous êtes sentie utile, en travaillant dans les Ressources Humaines ?

J’avais un collaborateur qui était totalement désespéré… Bref ! J’avais une situation de harcèlement, avec quelqu’un qui était fou amoureux d’une fille. Cette fille, qui était en Pologne, se sentait complètement harcelée par le collaborateur, qui était, lui, en France. C’était, donc, vraiment un problème. Il fallait que je traite le sujet.

J’ai eu l’impression d’être utile pour les deux parties. Pour lui, afin de lui expliquer que son comportement n’était pas adapté en entreprise. Cela relève de la sphère privéé, mais dans l’entreprise, c’est du harcèlement. Et j’ai été utile pour elle, car j’ai pu la protéger. Du coup, ça s’est arrêté après. Et ce n’est pas remonté dans la hiérarchie.

Quel est le mot que vous détestez le plus entendre, dans votre travail, et pourquoi ?

(Long silence) Je ne sais pas… Quelle est la question suivante ?

Vous êtes DRH, votre PDG (ou un génie) vous accorde un vœu. Quel serait votre vœu ?

Mon vœu, ce serait que la fonction RH soit considérée à son juste titre. On parle de DRH entrepreneur, c’est peut-être un peu dépassé aujourd’hui, mais j’aimerais que dans toutes les entreprises, le DRH soit positionné dans le Comité de Direction, qu’il soit entendu, et qu’il ait ce pouvoir d’influence, qui est réel.

Et ce mot que vous détestez entendre ?

Je passe !

Propos recueillis par Thouly MOUTSINGA-MASSOU

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