Plutôt panoptique ou cellule individuelle ?

Catégories Tendances RH Publié le Le

Apparue au milieu du 20e siècle, la mode des « open-spaces » ou « espaces partagés » séduit les entreprises du monde entier.

Je vous l’accorde, différents types d’open-spaces existent. Par souci de synthèse, je regroupe dans ce terme, plutôt générique, tout espace de travail sans murs ou cloisons qui remontent jusqu’au plafond. Souvent, ce sont les meubles qui constituent la délimitation du bureau, mais lorsqu’un salarié décide de se lever, l’espace entier est accessible d’un rapide coup d’œil.

L’idée d’abattre les cloisons pour donner le sentiment d’une belle et grande famille, et faire en même temps quelques économies à la fin du mois, peut s’avérer être une bonne solution pour les dirigeants désireux de redonner un « coup de jeune » à leur entreprise. Mais ce changement de structure n’est pas toujours bien perçu par les premiers concernés : les salariés.

Si les open-spaces ont été conçus, à la base, pour faciliter les échanges entre collègues et souder les équipes, ils sont, désormais, vus comme un obstacle nuisant à la productivité des salariés.

Le grésillement du frigidaire et de la climatisation est omniprésent, l’odeur des frites que notre collègue a mangé sur son bureau, à midi, imprègne nos vêtements, les cliquetis de l’ordinateur du voisin nous empêchent de nous concentrer sur les prévisions budgétaires du premier semestre 2017. Et tout ceci sous l’œil attentif du collègue intrusif, prêt à dénoncer vos petites manies au patron pour espérer se faire augmenter (hé oui, méfiez-vous, ça existe encore !). Le surveillé se sait vu, sans savoir s’il est vu sur l’instant.

Bref, les nuisances sont nombreuses et la productivité peut être gravement affectée. Une étude du Scandinavian Journal of Work a même étudié la corrélation entre le nombre de personnes travaillant dans un même espace et les jours d’absence des salariés. Les résultats s’avèrent bluffants : les salariés travaillant dans un espace ouvert de plus de six personnes ont 62% de jours d’absence en plus, comparativement à un salarié travaillant seul dans un bureau.

Parallèlement, l’observatoire Actineo dresse six portraits de travailleurs dans son baromètre 2015, étude portée sur plus de 1000 répondants.

Il y a, premièrement, les conviviaux, soit 31% de l’échantillon. Cette majorité accorde plus d’importance à l’aménagement du cadre de travail qu’à son travail en lui-même. Les attentistes (29%), qui ne font pas encore de lien direct entre l’aménagement de leur espace de travail et leur qualité de vie au travail. Les solos (14%), friands du bureau fermé adapté à leurs besoins. Les sédentaires (10%) qui accordent peu d’importance aux relations avec les collègues. Les co-workers (9%), ces rares personnes qui apprécient la vie en communauté.

Et enfin les « Alter-espaces individualistes » qui représentent 9% qui adoptent avec plaisir les espaces de co-working et les espaces de créativité. Ils occupent le plus souvent des fonctions dans l’informatique et les systèmes d’information.

Voilà donc le défi pour les RH de demain : repenser un espace de travail intelligent, qui ne nuit pas à la productivité, capable d’améliorer la communication entre collègues et qui, surtout, convient aux différentes catégories de travailleurs et à leurs attentes en matière de qualité de vie au travail…

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